Mon entreprise doit elle être valorisée selon mon chiffre d’affaires ?

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Combien vaut réellement mon entreprise ? C’est l’une des questions les plus fréquentes que nous posent les dirigeants, qu’ils envisagent une cession, une transmission familiale, l’entrée d’un investisseur au capital ou simplement un point d’étape sur la valeur créée depuis la création de l’entreprise. La réponse instinctive consiste souvent à appliquer un multiple approximatif au chiffre d’affaires annuel, une méthode séduisante par sa simplicité mais dangereusement imprécise.

Le chiffre d’affaires : une première approche insuffisante

Le chiffre d’affaires est souvent la base d’une première approche, intuitive, de la valorisation d’une entreprise. En réalité, d’autres éléments et grandeurs, beaucoup plus déterminants, sont nécessaires pour approcher la valeur réelle d’une entreprise. Retenir uniquement le chiffre d’affaires pour estimer un prix de cession revient à ignorer la rentabilité, la structure de coûts et le patrimoine accumulé de l’entreprise, trois dimensions pourtant essentielles pour un repreneur ou un investisseur.

La marge, un indicateur plus pertinent que le chiffre d’affaires

Tout d’abord, la marge brute de production ou de négoce (marge commerciale) est beaucoup plus importante que le chiffre d’affaires pour apprécier la capacité contributive d’une entreprise. Deux entreprises affichant le même chiffre d’affaires peuvent avoir des marges radicalement différentes selon leur secteur d’activité, leur positionnement tarifaire ou leur structure d’achats, ce qui se traduit directement dans leur valorisation potentielle.

La rentabilité nette : la notion clé pour un repreneur

La rentabilité nette est, au bout du compte, la notion la plus importante, car elle est le gage, pour un repreneur éventuel, de la capacité de l’entreprise à servir correctement une dette (notamment celle souscrite en vue du rachat des parts sociales de la société) tout en rémunérant correctement son ou ses dirigeants. Un chiffre d’affaires élevé mais adossé à une rentabilité nette faible ou instable inquiète davantage un repreneur qu’un chiffre d’affaires plus modeste, mais assorti d’une rentabilité solide et récurrente.

Le patrimoine accumulé de l’entreprise, visible et invisible

Dans l’appréciation de la valeur d’une entreprise, il n’y a pas que l’activité, celle résultant du chiffre d’affaires, mais aussi l’acquis patrimonial de l’entreprise, sa richesse accumulée. Cette richesse est soit « visible » à travers des valorisations d’actifs cohérentes entre le bilan et la valeur vénale de ces actifs, soit « invisible » à travers des actifs parfois immatériels (développements de brevets, logiciels, marque, portefeuille clients) ou matériels et corporels (terrains, machines, matériels) qui présentent la caractéristique d’être sous-valorisés sur un plan strictement comptable. Ainsi, le chiffre d’affaires est certes la grandeur première que l’on regarde dans un compte de résultat, mais ce n’est certainement pas ce qui prédomine lorsque l’on envisage une évaluation d’entreprise sérieuse.

Les grandes familles de méthodes de valorisation

En pratique, trois grandes familles de méthodes coexistent pour objectiver une valorisation d’entreprise. L’approche patrimoniale évalue la valeur des actifs nets réévalués de l’entreprise, en corrigeant les valeurs comptables historiques par une estimation de la valeur vénale actuelle. L’approche par les comparables s’appuie sur des multiples observés sur des transactions ou des entreprises cotées du même secteur, appliqués aux agrégats financiers de l’entreprise à valoriser. L’approche par les flux futurs actualisés, ou DCF (discounted cash flows), valorise l’entreprise en fonction de sa capacité à générer du cash dans le futur, actualisée à un taux reflétant le risque de l’activité.

Aucune de ces méthodes n’est suffisante isolément : c’est le croisement de plusieurs approches, pondérées selon la nature de l’activité et l’objectif de la valorisation (cession, transmission familiale, entrée d’un investisseur), qui permet d’aboutir à une fourchette de valeur réaliste et défendable face à une contrepartie. En pratique, un professionnel pondère ces trois approches différemment selon qu’il s’agit d’une entreprise industrielle riche en actifs corporels, d’une société de services dont la valeur repose surtout sur son portefeuille clients et son savoir-faire, ou d’une structure en forte croissance dont la valorisation actuelle dépend largement de projections futures.

Un exercice à mener bien avant la cession effective

Une erreur fréquente consiste à ne s’intéresser à la valorisation de son entreprise qu’au moment où une opportunité de cession se présente, dans l’urgence, sans avoir pris le temps d’objectiver les leviers de création de valeur disponibles. Une valorisation réalisée deux à trois ans avant une cession envisagée permet au contraire d’identifier les points faibles qui pèsent sur le prix (dépendance excessive à un client ou à un fournisseur, sous-investissement, actifs sous-valorisés au bilan) et de mettre en œuvre des actions correctives avant la négociation avec un repreneur. Cette anticipation change souvent significativement le résultat final de la négociation, un repreneur étant naturellement enclin à négocier à la baisse tout point de faiblesse identifié dans le dossier qui lui est présenté.

Pourquoi faire évaluer votre entreprise par un professionnel

Une auto-évaluation basée sur un simple multiple du chiffre d’affaires, souvent glanée sur internet ou entendue dans son réseau professionnel, expose à deux risques symétriques : survaloriser l’entreprise et effrayer les repreneurs potentiels, ou la sous-valoriser et brader le fruit de plusieurs années de travail. Notre service de valorisation d’entreprise, au prix fixe de 499 € HT et construit avec un expert-comptable, permet d’objectiver cette valeur en croisant les différentes méthodes présentées ici, avec un entretien téléphonique d’une heure pour recueillir les spécificités de votre situation.

Voir aussi nos articles sur l’analyse du bilan et du compte de résultat, sur l’étude sur la transmission d’entreprise et sur la valorisation d’entreprise équitable.

Source externe : Service-Public.fr — Valoriser son entreprise avant la transmission.