Que vous soyez en phase de création d’entreprise, de reprise ou de développement d’une activité existante, la question revient toujours de la même manière : « comment faire mon prévisionnel ? » ou « comment faire mon business-plan ? ». Ces deux formulations recouvrent en réalité une seule et même démarche, dont la rigueur méthodologique conditionne directement la crédibilité de votre dossier auprès de vos interlocuteurs financiers.
Business-plan et prévisionnel : deux notions liées mais distinctes
Un business-plan est un projet complet qui comprend, d’une part, des informations qualitatives sur le dirigeant, son profil, son projet et sur l’entreprise dans son environnement (son métier, son marché, ses concurrents) et, d’autre part, des informations quantitatives, chiffrées à travers le prévisionnel financier. On parle donc de « prévisionnel pour business-plan », car le prévisionnel constitue une partie, certes centrale, du business-plan plus global.
Bâtir un compte de résultat et un bilan prévisionnels cohérents
Faire un prévisionnel, c’est avant tout bâtir un compte de résultat prévisionnel et un bilan prévisionnel sur une période variant généralement entre trois et cinq ans (les périodes sont plus longues dans le cadre de projets immobiliers, où les cycles d’investissement s’étalent souvent sur quinze à vingt ans). Au-delà de la simple utilisation d’outils de calcul, le recul professionnel est indispensable pour apprécier la cohérence et la vraisemblance des chiffres présentés. Un compte de résultat prévisionnel élaboré sans confrontation à la réalité du secteur d’activité risque de présenter des hypothèses de croissance ou de marge déconnectées de ce qui est réellement atteignable.
La trésorerie : le nerf de la guerre
Le seul compte d’exploitation ne suffit pas à rendre compte de la viabilité réelle d’une activité. Au-delà de ce qu’une entreprise peut potentiellement gagner sur le papier, il convient de mesurer l’écoulement de ses flux financiers de façon pluriannuelle, mais aussi de façon plus fine, mensuellement, afin de déterminer une résultante de trésorerie fiable. Le cash, la trésorerie, c’est le nerf de la guerre : une entreprise rentable peut être mise en difficulté par un simple décalage de flux, comme le détaille notre article sur le cash flow prévisionnel.
Ce que les banques regardent en priorité
Les banques sont particulièrement attentives aux critères retenus pour apprécier le besoin en fonds de roulement : délais de règlement clients, délais de règlement fournisseurs, financement du stock, investissements prévus, remboursement des dettes financières existantes, niveau des apports initiaux en fonds propres. Tous ces éléments sont fondamentaux pour appréhender le quotidien futur de l’entreprise, bien au-delà du simple chiffre d’affaires prévisionnel affiché en première page du dossier. Notre article sur comment convaincre son banquier détaille les attentes concrètes des établissements financiers face à un dossier de financement.
La structure concrète d’un business-plan complet
Un business-plan complet s’articule généralement autour de cinq blocs : un résumé opérationnel (executive summary) qui donne envie au lecteur d’aller plus loin, une présentation du porteur de projet et de son équipe, une étude du marché et du positionnement concurrentiel, le prévisionnel financier détaillé sur trois à cinq ans, et des annexes justificatives (devis, contrats, CV des associés). Chacun de ces blocs répond à une question différente que se pose votre interlocuteur financier, et l’absence de l’un d’entre eux affaiblit immédiatement la crédibilité globale du dossier.
Les erreurs les plus fréquentes que nous observons
Parmi les erreurs les plus fréquentes rencontrées dans les prévisionnels réalisés sans accompagnement professionnel figurent des hypothèses de chiffre d’affaires non justifiées par une étude de marché sérieuse, l’oubli de certaines charges récurrentes pourtant significatives (assurances professionnelles, frais bancaires, sous-traitance, formation), ou un besoin en fonds de roulement largement sous-estimé en phase de démarrage. Ces erreurs, souvent commises de bonne foi par des porteurs de projet peu familiers de l’exercice, sont immédiatement repérées par un banquier expérimenté et peuvent compromettre l’obtention du financement recherché, y compris lorsque le projet lui-même est solide.
Combien de temps consacrer à un bon prévisionnel ?
Un prévisionnel financier sérieux ne se construit pas en une soirée à partir d’un tableur téléchargé sur internet. Il suppose plusieurs allers-retours entre les hypothèses commerciales (volumes de vente, prix, saisonnalité), les hypothèses de charges (fixes et variables) et la vérification de la cohérence globale du projet, notamment à travers le calcul du seuil de rentabilité et du besoin de financement initial. Un porteur de projet livré à lui-même consacre souvent plusieurs jours, parfois plusieurs semaines, à ce travail, avec un risque d’erreur méthodologique non négligeable faute de recul sur l’exercice. Un accompagnement par un professionnel permet de sécuriser cette étape tout en réduisant significativement le temps consacré par le porteur de projet, qui peut ainsi se concentrer sur les aspects opérationnels de son projet.
Pourquoi faire appel à un professionnel plutôt qu’à un simulateur automatique
Un simulateur automatique en ligne peut produire rapidement un document formaté, mais il ne peut ni challenger vos hypothèses, ni les confronter à la réalité de votre secteur, ni vous alerter sur une incohérence entre votre compte de résultat et votre trésorerie prévisionnelle. Seul un vrai professionnel peut appréhender ces concepts de façon claire et fiable, en tenant compte des spécificités de votre projet plutôt que d’appliquer un modèle générique. Notre service de prévisionnel d’entreprise, au prix fixe de 399 € HT, est construit avec un expert-comptable et inclut un entretien téléphonique d’une heure pour recueillir vos hypothèses avant l’élaboration du document, puis une restitution commentée pour vous permettre de vous approprier pleinement les chiffres présentés.
Pour un cadre méthodologique complet sur la construction d’un business-plan, vous pouvez consulter la ressource de référence Faire son business plan sur Bpifrance Création.
